Concours d’éloquence 2017

Le vie est pleine de surprises…hier soir nous avions rendez-vous avec la (super) conseillère principale d’éducation (CPE) du lycée de notre Z’ado pour faire un point mensuel.

La CPE arrive en retard et désolée : « je suis navrée je suis de permanence à l’internat et j’ai encore quelque chose à régler : trois élèves de chez nous (Marinette, Matilde et Nikita) ont été sélectionnés pour le concours d’éloquence et le texte va être présenté ce soir aux élèves de l’internat, cela dure 10 minutes, pouvez-vous attendre encore ou voulez-vous venir avec nous ? »

Ni une ni deux pas d’hésitation nous voici partis,  Z’ado et nous les parents, pour l’internat. Seuls adultes (avec la CPE) au milieu d’une assemblée de jeunes, nous nous sommes sentis privilégiés de pouvoir vivre cet instant complètement imprévu et magique et écouter ce texte superbement déclamé par Nikita.

Le thème de cette année était « la Liberté de conscience » et le texte largement à la hauteur du challenge ! j’ai adoré la phrase de conclusion que nombre d’entre vous doivent connaitre : « l’ouverture d’esprit n’est pas une ouverture du crâne » 

Pour la petite info : le Concours Régional d’Éloquence est organisé chaque année par la Fondation Groupe Dépêche, le rectorat de l’académie de Toulouse et celui de l’académie de Montpellier Initié par le Bâtonnier Thierry Carrère en 2009, il s’adresse aux élèves de seconde des lycées d’enseignement général et  professionnel de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.

Le terme d’éloquence renvoie à deux significations principales : L’art de bien parler, l’aptitude à s’exprimer avec aisance, la capacité d’émouvoir, de persuader ; Le caractère de ce qui sans paroles est expressif, significatif, probant : comme dans l’expression « l’éloquence des chiffres ».
***

> Connaitre les modalités de participation sur le site de la Fondation Groupe Dépêche

> Un article à ce propos de l’édition de cette année à lire ICI 

Le texte de Marinette, Matilde et Nikita :

La France est une menteuse. Vous le savez autant que moi ! Elle vous assure liberté, égalité, fraternité. Vous y croyez ? Lui faites-vous confiance? Quelle candeur ! Votre naïveté m’émeut ! Vous êtes noyés dans une même vague d’inconscience ! Je ne voudrais pas que vous pensiez que cela est insultant.

Non. Pensez, réfléchissez ! Sommes-nous égalitaires, si des mères solitaires se crèvent pour quatre quarts de sous tandis que ces bonnes familles, dans leurs bonnes maisons, avec leurs bonnes et leurs bonnes femmes s’endorment avec bonne conscience ?

Sommes-nous des frères, si nous laissons nos semblables en sanglot sur des places pavées ? Sommes-nous libres, si nous nous enchaînons à nos piètres pensées et petits malheurs, puisque parler, dessiner vient au risque d’être criblé ? Si élever la voix crée dispute, discorde et n’est plus commun ? Si le sophisme a englouti nos esprits ?

Nous sommes conscients. Nous sommes humains. Nous sommes libres. Pensez à ceux, famille de six massés dans une roulotte, sans pays, sans patrie ! Pensez à ceux matraqués, manipulés, endoctrinés qui voilent leurs idées ! Pensez à ceux qui luttent et arrachent aux petits esprits leurs pensées pré-composés !

Et nous, français, français libres et détachés ! Nous français, ayant l’audace de les dénigrer ! De les chasser ! Sans honte, nous profitons de notre bonne conscience et de notre bon pays ! Enfermés dans le carcan de la doctrine machinale réveillez-vous !

La liberté n’a pas de garde-fou. La parole étrangle, étrille, s’exploite et s’écrit.
Mesdames et messieurs, ne craignez point ! Pensez réfléchissez ! Nous ne sommes pas privés de parler. Nous pouvons tout dire, tout écrire, tout lire. Nous pouvons nous battre et combattre les censures insensées de ces pays policés. On nous parle de codes, de cases et de modèles de paroles ressassées, prêt-à-parler.

Nous ne pouvons être privés de réflexion. Nous décidons, nous choisissons. Nous avons un pouvoir que beaucoup d’autres n’ont pas la chance d’avoir ! La parole est une arme que nous
tenons par la lame, qui provoque des larmes, qui provoque notre âme. Elle charme, elle gendarme, déclenche les alarmes.

Usons d’elle ! Sans modération, avec précaution, notre parole est notre alliée. Usons d’elle ! Pensons, réfléchissons ! Usons de notre conscience ! Usons de nos droits et libertés ! A bon escient uniquement. Notre conscience est bien plus forte que les interdits. Elle ne sera jamais annihilée. Nous pensons, quel que soit notre permission.

Réfléchissez ! Ouvrez vos volets, vos fenêtres et ouvrez votre génie. Pensez, réfléchissez ! Dénoncez, parlez, décelez les artifices ! A bat les fards et les leurres ! Résistons au bétail, aux bêlements béats de la foule, ivre, soûle, chantante, chancelante, orchestre de commères séquestrées dans des idées aigres et amères.

Pensez, pensez à ceux qui rabâchent et radotent les mêmes discours. Pensez à ceux, qui se révoltent et s’indignent. Pensez à ceux qui luttent et militent. Indignez-vous.

Toujours. Pensez, réfléchissez ! Nous sommes conscients. Nous sommes humains. Nous sommes libres. N’oubliez pas, mesdames et messieurs, que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.

Marinette, Nikita, Matilde

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